parcours

« Je peins,je n’ai jamais appris, je l’ai toujours fait »: je suis autodidacte…Pas d’école d’art, pas de cours ,pas de stages d’atelier, pas de diplômes, pas de formations, pas de prix …

J’aime être dans l’atelier, c’est un lieu unique , c’est là que je fais mes recherches, que je réfléchis ,que j’approfondis …c’est là que je me trompe aussi , que je recommence ,c’est là que je peux détruire aussi pour repartir à zéro.
La base de mon travail est la mise en œuvre des épaisseurs grâce à des éléments divers sur la toile, je superpose des couleurs ,j’utilise les pigments à l’huile ou à l’acrylique ,les encres de Chine,pastels stylos,collages, feutres, spray…

Et puis je vais réfléchir .. je vais structurer à ma manière le chaos de ces éléments divers et variés (Personnages , écritures, éléments divers,ratures , chiffres…)sur la toile ou sur le papier.
J’aime toutes les couleurs, je n’ai pas de préférence mais une est souvent présente dans tous mes travaux : le noir.

Pour l’inspiration je me repose sur ce que je vois autour de moi, c’est l’expression spontanée d’un ressenti sur un monde décalé que je regarde posément.

Des mouvements artistiques comme les peintures du Moyen-Age, avec l’ absence de perspective, l’accumulation de personnages, les Arts primitifs m’ont inspiré le trait de mes personnages, j’aime les gris et les couleurs délicates du Greco,  je peux aussi regarder longuement le noir dans une œuvre de Franz Kline …et aussi le trait simple  de  mes dessins d’enfant.

 Je navigue dans un univers imaginaire , chaotique ,parfois brutal, souvent chargé. 
Lettres, chiffres, personnages,couleurs…se côtoient, se heurtent ,se mélangent sur la toile pour raconter une histoire, celle qui nous convient , notre imagination est sans limites  , elle peut être triste ou gaie ,peu importe , l’essentiel est de la provoquer . Alors mon objectif est juste de proposer ,de donner des éléments ,des outils , des pistes  , je ne veux pas imposer un message précis pour ne pas abîmer la spontanéité d’une  impression, c’est trop précieux .

Les talents émergents de l’art contemporain

Nikou, rationaliser le chaos

« Nikou morcelle, assemble, colle et reconstruit. Sa composition prolifère et dépasse les frontières du visible, ne laissant distinguer que quelques indices dans une abstraction dominante.

Ses collages sont des empâtements de matière, des papiers travaillés avec des représentations déjà établies auxquelles se mêlent couleurs, spray, encres… La couture de papiers apporte sur certaines toiles de l’épaisseur et du grain. L’équilibre des volumes se lie à celui des formes et des couleurs.

« De cette préparation il ressort toujours « quelque chose » qui sera le point de départ. Un élément va m’interpeller pour démarrer mon travail. Formes, lettres, chiffres, personnages se mettent en place ensuite la couleur arrive, puis une autre et tout se contrarie. »

 Son intention souligne sa force libératrice, sa propre manière de révéler toutes les forces en présence, les tensions, les équilibres. D’ailleurs l’artiste travaille plusieurs toiles en même temps. Sous ces multiples conversions, elle donne du rythme, prône l’ouverture à l’expérience, à la curiosité pour que le tangible se fonde dans l’imaginaire.

 « La difficulté est de faire en sorte que les éléments réels le restent dans un univers décomposé (…) Je veux qu’ils aient un lien avec le reste de la composition. La couleur est un moyen, la répétition, la déformation en sont d’autres pour parvenir à un équilibre. »

nikou se réapproprie la technique de l’accumulation pour échapper aux stéréotypes de lisibilité. Elle transforme le visible et fait surgir des éléments disparates, abstraits et porteurs de nouveaux sens. L’intuition d’un récit se confronte à l’énigme. L’artiste révèle ce qui est latent sous un degré d’abstraction qui lui appartient. Disparitions, apparitions, le réel se fragmente et se rejoue.

Dans une hiérarchie bousculée, traces et références narratives se battent en duel. Hachures, rayures, stries, côtoient les lignes de formes géométriques ; des cercles, des carrés, ou encore des croix qui s’effacent et ressurgissent. 

 « Ces signes sont porteurs de messages et c’est ce qui rationalise le chaos. Je les utilise car c’est la base de notre écriture avant l’écriture, je reviens au primitif ou à l’enfance. »

Nikou fait de la question du temps, du décalage temporel, son sujet. Ses empreintes originelles sont transposées et transformées sous une vision actuelle soutenue par les couleurs vives, éclatantes.

« Elles sont porteuses de spontanéité. Les représentations sont nettes (…) sans respect des proportions, ni des perspectives : là est leur force et leur délicatesse. »

Les gestes simples, épurés accompagnent par touches les espaces composites, d’une curiosité insatiable. Cette énergie primale est dotée d’une certaine force expressive. Chaque œuvre est un terrain nouveau, infini et unique. »

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